La démographie des profesionnels de santé : une préoccupation de la CSDU

Il entre dans les missions de la Commission des droits des usagers de faire des propositions visant à préserver ou développer les droits des usagers du système de santé.

Le premier, le plus important de ces droits, c’est l’accès aux soins, naturellement à des soins de qualité, mais surtout l’accès aux soins au plan géographique, c'est-à-dire un accès de proximité. Cet accès de proximité nécessite de pouvoir rencontrer, être accueilli, examiné, soigné,  par un praticien à une distance raisonnable de son domicile. Ce n’est pas le cas dans tous les lieux de vie du territoire.

Au cours de l’année 2017, mais encore cette année, la presse, qu’elle soit écrite ou télévisuelle, s’est largement faite l’écho de cette question de la démographie déficitaire des professions de santé dans certaines régions de notre Pays, médecins généralistes, mais aussi de certaines spécialités, notamment les ophtalmologistes, et de professions paramédicales.

Dans notre région, cet accès à des soins de proximité n’est pas assuré pour toute la population. Il ne l’est souvent pas :

  • Pour la Franche-Comté, dans le nord de la Hte Saône, dans le Sud du Jura, et dans l’est du Doubs.
  • Mais le problème se pose avec une plus grande acuité en Bourgogne : le nord de la Cote d’Or, la plus grande partie de l’Yonne et surtout la Nièvre sont des secteurs très défavorisés dans ce domaine de la densité médicale.

Ces parties du territoire et leurs habitants, notamment les personnes âgées ou handicapées qui ont des difficultés pour se déplacer, sont partiellement abandonnées au plan sanitaire. Ce n’est pas acceptable.

Pour autant, les membres de la CSDU ne pensent pas que rien n’a été fait, que rien n’est fait.

Le Ministère et les ARS ne sont pas restés inactifs face à ce problème. Un plan anti déserts médicaux a été établi. Ce plan du Ministère, relayé par notre ARS et la CRSA, a conduit à la création d’un zonage territorial, délimitant des zones dites sous-denses ou fragiles en matière de démographie des médecins généralistes ou autres professionnels de santé dispensant des soins de 1er recours. Ce zonage devrait se traduire par différentes aides financières aux médecins libéraux pour leur assurer une garantie de ressources, notamment l’aide à l’installation pour les nouveaux praticiens, mais aussi la bourse mensuelle pour les étudiants en médecine, le soutien à la création de MSP, tout cela devrait améliorer la situation. Mais malheureusement pas à court terme.

La CSDU approuve les mesures engagées, mais souhaite qu’elles soient renforcées par d’autres mesures et diversifiées. Elle a fait des propositions, ayant pour principal objectif une meilleure couverture de la médecine dans la région, relevant d’une décision soit régionale, soit nationale, visant à apporter plus rapidement des solutions, y compris des solutions non ou peu coûteuses. Par exemple, le relèvement ou l’abandon du numérus clausus, le conventionnement des nouveaux médecins réservé aux seuls praticiens s’installant dans des zones dites sous dotées, etc… Ces propositions, pour autant qu’elles soient adoptées au niveau national, permettraient de progresser en matière de nombre et surtout d’une répartition géographique plus équilibrée des médecins dans notre Région, pour assurer un meilleur accès aux soins.