Santé et environnement

Le changement climatique a des effets sur la biodiversité, l’économie, la vie des populations, mais aussi sur la santé humaine. Les risques sanitaires impliquent de nombreux facteurs : la zone géographique touchée, la nature de l’événement climatique, l’association avec d’autres paramètres comme la pollution de l’air ou les usages de sols, l’état de santé des individus, leur âge, leur contexte socio-économique ou culturel... Les populations précaires sont particulièrement touchées par le changement climatique, le manque de moyens défavorisant la prévention et l’adaptation. L’impact du climat concerne un large spectre de pathologies : respiratoires et allergiques, infectieuses, cardiovasculaires, cutanées, cancéreuses, nutritionnelles, mentales.

Les effets du climat peuvent être directs comme lors d’une exposition à une vague de chaleur ou aux ultraviolets. Cependant, son action est le plus souvent indirecte. En effet, le changement climatique peut par exemple moduler la répartition géographique de moustiques qui sont des vecteurs de maladies dangereuses pour l’homme, interagir avec des polluants ou des particules allergisantes et donc perturber la qualité de l’air, ou encore entraîner des déplacements de populations en cas d’évènements climatiques extrêmes. La plupart des pathologies concernées sont fréquentes dans la population et ont de multiples causes. Il est donc difficile d’évaluer la part spécifique des facteurs climatiques sur le risque sanitaire. C’est un des enjeux majeurs de la recherche climat / santé. En 2014, l’OMS a organisé une première conférence internationale sur les liens entre santé et climat, reconnaissant l’importance de la question. Le climat, c’est aussi un enjeu de santé !

DU PROTOCOLE DE MONTRÉAL À LA COP21

Signé le 16 septembre 1987, le Protocole de Montréal a abouti à l’interdiction mondiale des substances qui détruisent la couche d’ozone stratosphérique. Ce sont surtout des gaz fluorés utilisés dans l’industrie du froid, appelés chlorofluorocarbures. On a récemment estimé que, sur la période 1990-2030, cette interdiction permettrait d’éviter 2 millions de cancers de la peau. En effet, l’ozone de la stratosphère nous protège des rayonnements ultraviolets. La COP21 de 2015 a un enjeu plus ambitieux encore que le Protocole de Montréal : dégager un accord entre 195 pays, pour contenir la hausse des températures de la planète en deçà de 2 °C. Cela implique de limiter nos émissions de gaz à effet de serre.  

Source : exposition "Climat et Santé", Inserm 2015, disponible en ligne

NE PAS CONFONDRE GAZ À EFFET DE SERRE ET POLLUANTS DE L’AIR

Certains gaz comme le dioxyde de carbone (CO2) ou le méthane (CH4), sont responsables de l’effet de serre. Ils existent à l’état naturel mais sont aussi émis en grande quantité par les activités humaines : chauffage, transport, industrie, élevage intensif... C’est la principale cause de l’élévation de la température de la planète, observée depuis le milieu du XXe siècle. Les polluants atmosphériques sont soit des gaz tels que les oxydes d’azote ou l’ozone, soit des particules solides en suspension de quelques micromètres. La plupart sont naturellement présents dans l’atmosphère mais les activités humaines en libèrent de grandes quantités. À des niveaux élevés, ces polluants ont un effet toxique direct sur la santé humaine et sur l’équilibre des écosystèmes. Généralement émis par les mêmes sources que les gaz à effet de serre, ils ont cependant des durées de vie dans l’atmosphère très différentes : de quelques heures ou semaines pour les polluants à des centaines d’années pour le CO2 par exemple.

Source : exposition "Climat et Santé", Inserm 2015, disponible en ligne

Et si on agissait ?

  • Calculer son empreinte carbone : pour avoir une idée concrète de l’influence de nos comportements, vous pouvez commencer par déterminer « votre empreinte carbone ». L’empreinte carbone représente la quantité de CO2 produite du fait des moyens de transport, du chauffage, de la climatisation ou de l’éclairage que vous utilisez et autres choix liés au mode de vie. Évaluez la vôtre en vous servant du calculateur en ligne
  • L"Éco-calculateur : bien pour l’environnement et aussi pour le porte-monnaie. L’Eco calculateur évalue les impacts environnementaux et économiques et compare un déplacement effectué en voiture et en bus. Grâce à lui, vous allez pouvoir évaluer les dépenses engendrées par vos déplacements, la quantité de CO2 que vous rejetez et votre consommation en énergie. Découvrez l’éco calculateur 
  • S'engager et signer l'appel de l'OMS : l’OMS s’adresse à la communauté sanitaire mondiale pour qu’elle ajoute sa voix à l’appel en faveur d’un accord solide et efficace sur le climat permettant de sauver des vies, dès maintenant et à l’avenir.  Pour en savoir plus sur cet appel, cliquez ici.

Quelques conseils pratiques (recommandations InVS) :

  • Limiter les déplacements en voiture et adopter l’éco-conduite.
  • Préférer les modes actifs (marche, vélo), et les transports en communs, penser au covoiturage aussi.
  • Réduire les besoins de chauffage en isolant et en ne surchauffant pas les logements.
  • Utiliser un combustible bois de bonne qualité dans un foyer fermé.
  • Entretenir régulièrement les appareils de chauffage et vérifier que leur utilisation est optimale.
  • Remplacer les chaudières anciennes par des chaudières à condensation
  • Ne pas brûler les déchets verts mais les composter par exemple.

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