Démocratie en santé

Démocratie en santé

| Publié le 23.03.26

États Généraux de la Santé : Ce que les Français attendent de leur système de soins

Entre le 17 novembre 2025 et le 17 février 2026, une consultation massive a donné la parole à près de 80 000 participants (64 090 citoyens et 12 783 professionnels). Avec plus de deux millions de réponses données et 400 000 témoignages directs (verbatims), les résultats montrent que les Français tiennent à leur modèle social, mais restent lucide sur les réformes nécessaires.

États Généraux de la Santé et de la Protection Sociale

Un attachement viscéral au "modèle français"

  • 93 % des citoyens et 9 professionnels sur 10 se déclarent attachés à notre protection sociale.
  • Les valeurs de solidarité, d'égalité et d'universalité restent le socle de notre cohésion nationale.
  • Les participants rejettent massivement l'idée d'une santé "marchandisée" ou d'un modèle financiarisé.

Les priorités : Accès aux soins et réduction de l'attente

Pour les répondants, l'acceptabilité du système repose sur deux piliers :

  • Réduire les délais d'attente pour les rendez-vous ou interventions (priorité n°1 pour 53 % des citoyens).
  • Garantir un accès aux soins de qualité pour tous (50 % des citoyens et 47 % des professionnels).
  • Lutter contre les déserts médicaux et le sentiment d'une "médecine à deux vitesses".

Efficience et lutte contre le gaspillage

Pour pérenniser le système, les Français ne demandent pas forcément de "payer plus", mais de "dépenser mieux".

  • 74 % des citoyens jugent prioritaire de maîtriser les dépenses, notamment via la lutte contre la fraude et les abus (contrôles plus stricts, sécurisation de la carte Vitale).
  • Les professionnels appellent à une simplification administrative drastique pour libérer du temps de soin.
  • Des solutions concrètes émergent : délivrance des médicaments à l'unité et transparence sur le coût réel des soins.

Le virage de la prévention et de la santé mentale

Le rapport souligne une volonté de passer d'un système de "soins" à un système de "santé" global.

  • Prévention : Elle est jugée stratégique pour sortir du modèle tout-curatif. Les citoyens reconnaissent massivement (87 %) l'impact de l'environnement sur leur santé.
  • Santé Mentale : C'est le sujet qui a suscité le plus de réponses, signe d'une libération de la parole, particulièrement chez les jeunes de 15-29 ans.
  • Perte d'autonomie : Un point de vigilance majeur, puisque 73 % des citoyens se sentent peu ou pas du tout préparés à cette étape de la vie.

Et maintenant ? La phase de co-construction

La consultation n'était que la première étape. De mars à juin 2026, les propositions seront approfondies lors d'ateliers territoriaux et d'une convention démocratique de 50 citoyens tirés au sort. L'objectif : aboutir à un livrable final à l'automne 2026 pour nourrir les décisions politiques futures.

Comme dans d’autres régions de France, un atelier territorial aura lieu mercredi 29 avril 2026 à la Maison des Entreprises – allée André Bourland –Dijon, de 18h à 21h. Son objectif est de :
- Faire dialoguer acteurs mutualistes, professionnels, usagers, élus et partenaires institutionnels
- Partager les réalités territoriales et affiner les constats issus de la consultation nationale ;
- Co-élaborer des pistes d’action concrètes, adaptées aux besoins des territoires.

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